Se sentir un homme.
Durant toute la guerre, des hommes originaires des quatre coins de l’Empire britannique convergent vers la France, la Bulgarie, la Turquie, la Grèce, la Palestine, l’Egypte ….. pour participer aux combats.
Au front, les Irlandais servent dans toutes les armes, terre, mer, air et sur la plupart des théâtres d’opération.
En France, tous ces hommes sont essentiellement stationnés du Pas de Calais à la Belgique.
Les Irlandais engagés volontaires partent à la guerre pour des motivations diverses : le sentiment de sauver la civilisation contre la tyrannie ; le chômage ; le patriotisme avec l’espoir de voir régler la division du pays ou bien par besoin d’aventures viriles comme l’écrit Tom Barry.
« En juin 1915, alors que j’allais sur mes dix-sept ans, j’avais décidé de partir pour la guerre. Je n’y suis pas allé combattre, sur le conseil de John Redmond ou d’un autre politicien, pour les Britanniques, en espérant ainsi obtenir l’autonomie pour l’Irlande, ce Home Rule, dont on parlait tant. Je dois d’ailleurs avouer que je ne savais pas ce que signifiait le Home Rule. Je ne combattais pas non plus pour sauver la Belgique ou les petites nations. J’ignorais tout des nations, petites ou grandes. J’étais allé à la guerre tout simplement parce que je voulais voir ce que c’était la guerre, avoir un fusil, découvrir d’autres pays et me sentir un homme. Avant tout, j’y allais ; je ne savais rien de l’histoire de l’Irlande et je n’avais aucune conscience nationale »
http://centenaire.org/fr/pays-belligerants/lirlande-et-la-grande-guerre
Les forces Irlandaises
La majorité des soldats irlandais est affectée au sein de trois unités spécifiques :
- La 10ème division irlandaise qui sert à Gallipoli en août 1915, elle est déployée en Macédoine, avant de rejoindre l’Égypte et la Palestine en 1917.
- La 16ème division irlandaise est positionnée sur le front occidental et participe, à partir de septembre 1916, à la bataille de la Somme, notamment aux prises de Guillemont et Ginchy
- La 36ème division d’Ulster est presqu’exclusivement composée de volontaires issus de l’Ulster Volunteer Force (UVF), milice unioniste formée en 1913 pour faire barrage au Home Rule, illégale mais tolérée par les autorités britanniques. Engagée sur le front occidental, la division est décimée à Thiepval, le 1er juillet 1916.
Beaucoup d’irlandais servent depuis 1914 dans les régiments de l’armée Britannique :
- The Royal Irish Regiment - The Royal Inniskilling Fusiliers - The Royal Irish Rifles Princess Victoria's (Royal Irish Fusiliers) - The Connaught Rangers Prince of Wales's - The Leinster Regiment (Royal Canadians) - The Royal Dublin Fusiliers - The Royal Munster Fusiliers - The Irish Guards - 4th Royal Irish Dragoon Guards - South Irish Horse - 8th King’s Royal Irish Hussards - 5th Royal Irish Lancers - North Irish Horse
D’autres en grand nombre, vont servir dans les forces canadiennes et américaines.
http://centenaire.org/fr/espace-scientifique/pays-belligerants/la-16eme-division-irlandaise-durant-la-grande-guerre
Les Anglais contrariés.
Le nationalisme et l'enthousiasme pour la guerre est contrarié et brisé par les forces anglaises. Si les membres de l'U.V.F sont pris en charge et formés dans des corps distincts, on décide de la dispersion des National Volunteers.
Un corps d'armée composé de tous les régiments d'Irlande ne voit jamais le jour.
Les officiers protestants sont attribués aux troupes catholiques.
On refuse à l'université nationale de Dublin la formation des officiers, telle qu'elle fonctionne à l'université de Queen's à Belfast.
Au front, les Irlandais n’ont pas le droit de porter leurs insignes. Les symboles de la harpe et le drapeau verts sont prohibés. Ils ne peuvent pas non plus accepter les fanions brodés par les irlandaises.
Tout est fait pour retirer aux nationaux les symboles qu'ils s'étaient donnés afin de se distinguer au cœur de l'armée britannique.
Lord Kitchener, qui avait exalté le mouvement d'engagement des irlandais, déclare "I didn't trust any Irishman with a rifle in his hands" « Je n'avais confiance en aucun Irlandais avec une arme à la main ».
http://centenaire.org/fr/pays-belligerants/lirlande-et-la-grande-guerre
Résumé succinct du front britannique de 1914 à 1918
-En août 1914, le Corps expéditionnaire britannique commandé par le Maréchal French, débarque en France et tente d’arrêter les Allemands à Mons.
On assiste à une guerre de mouvement, la grande armée allemande avançant vers Paris. La victoire tactique et stratégique des armées Franco-Britannique à la bataille de Guise et St Quentin arrête l’avance allemande. Le front s’étire jusqu’aux côtes de la Manche. Première bataille d’Ypres à la fin de l’année.
-Mars 1915 bataille de Neuve-Chapelle, attaque à grande échelle des forces Indo-Britanniques. Pertes considérables, 11200 hommes hors de combat en une journée pour un gain de 2 kilomètres.
Avril et mai 1915 deuxième bataille d’Ypres, les allemands utilise le gaz de combat pour la première fois.
La guerre s’étend à la péninsule de Gallipoli. Le Lusitania est coulé.
Les batailles sans la moindre efficacité s’enchaînent :
- Crête d’Aubert - Festubert - Loos - Hulluch
Joffre avait en 14, expédié ses officiers supérieurs incompétents à Limoges d’où l’expression « se faire limoger ». Le haut commandement Britannique limoge French et le remplace par Haig.
- 1916, la guerre d’usure, les Alliés attendent des renforts arrivant du Canada, et d'Australie. Ils s’enterrent devant les positions fortifiées des allemands.
La bataille de la Somme (Guillemont, Ginchy, Thiepval) débute le 1er juillet, à la fin de la journée 57 000 britanniques sont morts où blessés. Cinq mois plus tard la bataille aura fait 620 000 victimes britanniques et françaises.
La rigidité du plan anglais ne tolérait aucun écart dans l’exécution, peut-être parce que Haig surnommé « butcher haig »se méfiait d’une armée de volontaires dont c’était le premier engagement massif. La « nouvelle armée Kitchener ».
-1917 est placé sous le signe d'une offensive majeure : victoire des Canadiens à Vimy, échec à Arras ; troisième bataille d’Ypres. En novembre 1917 succès à Cambrai avec la toute première véritable attaque de chars avec trois-cent-quatre-vingts nouveaux monstres d’acier. L’inutilité de cette grande attaque apporte désillusion et mutinerie.
-1918, le retrait russe sonne le retour de la guerre de mouvement. En mars, les troupes d'élite prussiennes partent à l'assaut. La bataille de la Lys fait craquer les Anglais, les Français comblent la brèche de justesse.
Dès la fin août 1918, moral retrouvé, les Britanniques attaquent méthodiquement et vont de l’avant. C'est la 2ème bataille d'Arras, la prise du canal du Nord fin septembre 1918.
PhG.
A suivre: Les soldats Irlandais dans les batailles. Le retour au pays.
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La 16ème Division irlandaise durant la Grande Guerre
Bien peu connue de nos jours, même par les Irlandais eux-mêmes, la participation de l'Irlande durant la Première Guerre mondiale en tant que force à part entière au sein des troupes ...